Soutenance

La soutenance est une activité vertueuse. Je ne parle pas là, bien évidemment, de l’action des souteneurs à l’encontre des dames de petite vertu. Je parle de cette épreuve ponctuelle, d’une durée de quelques minutes à quelques heures, qui ponctue une formation universitaire, au cours de laquelle l’étudiant, l’impétrant à un titre universitaire, présente à…

Fulgurance

Ce qui ressemble à l’éclair par sa brillance et sa rapidité (définition de fulgurance) peut subjuguer par sa beauté ou être dommageable à celui ou celle qui s’est imprudemment exposé(e) et se retrouve foudroyé(e). Depuis la mondialisation de la société de l’information, la fulgurance numérique s’est imposée comme une des caractéristiques, un des attributs des…

Redevance

Face au triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité », je rattacherais bien la redevance à la Fraternité. Le mot redevance désigne en effet, entre autres choses, cette somme d’argent que les usagers d’un service public versent à la collectivité, cet argent permettant de financer le bon fonctionnement de ce service commun. Les bénéficiaires du service (par exemple, l’accès…

Légifrance

Le site gouvernemental www.legifrance.gouv.fr est très représentatif d’un passage réussi du monde papier au monde numérique. Le Journal officiel est une publication quotidienne qui remonte à la Révolution française. Son rôle est de diffuser auprès de tous les citoyens la loi que nul n’est censé ignorer. C’est d’ailleurs pour cette raison que la loi est…

Laitance

Plat du pauvre, menu de luxe ou régime pour enfants maigrichons, la laitance de harengs est vraiment un aliment éclectique ! Un hareng fumé (un bouffi dans mon vocabulaire familial mais il existe diverses appellations) réserve toujours une surprise à l’ouverture de l’abdomen : sera-ce des œufs, du lait ou rien ? Avec les déceptions ou disputes que…

Vacance

La vacance, c’est le vide. Être vacant veut dire être vide, être inoccupé. C’est d’abord un terme de droit : la vacance d’un poste dans la fonction publique, la  vacance d’un logement (même s’il se trouve occupé par des trucs et de machins). Ou encore la vacance du pouvoir… Pendant les vacances, les gens cumulent plusieurs…

Inconsistance

Il ne faut pas réduire l’inconsistance à l’incohérence, sous prétexte que le mot anglais inconsistency signifie incohérence en français. L’inconsistance est plus large que la seule incohérence, que le seul manque de logique entre les parties d’un tout. L’inconsistance conjugue plusieurs manques : manque de solidité, manque de fermeté, manque de soin, manque de profondeur, manque…

Instance

Du point de vue judiciaire, l’instance est en général première ou grande (à noter cependant que les grandes premières peuvent aussi avoir lieu à la cour de cassation ou dans des tribunaux d’exception). Au pluriel, les instances sont géographiques (municipales, régionales, nationales, européennes – avec ou sans la Grande-Bretagne), thématiques (judiciaires, académiques, consulaires, hospitalières) ou…

Souffrance

La souffrance au travail. Vue par les documents. Tenez, cette lettre en souffrance depuis des mois ; elle peut témoigner. Oh, il ne s’agit pas de souffrance physique. Je suis allongée sur ce bureau à longueur de journée et de nuitée; ce n’est pas inconfortable. Personne ne me dérange, en dehors de la femme de ménage le…

L’archivobésité, une question passionnante

La CGT a un mérite : faire parler des archives nationales dans la grande presse. La récente chronique de Michel Guerrin dans Le Monde commente l’accusation de « fossoyeuse des archives » lancée par la CGT à la (nouvelle) ministre de la Culture. La guéguerre entre le syndicat et les politiques (policitiens-ciennes) est récurrente et stérile. La responsabilité…

Accointance

Accointance est un vieux mot que sa forme anglaise, acquaintance, plus usitée, remet un peu au goût du jour. Il s’agit, au pluriel, de certaines relations qu’entretiennent certaines personnes, pour leur profit ou leur intérêt. L’emploi du mot, en français, souligne volontiers le caractère officieux de la relation et traduit parfois, dans la bouche du…

Ignorance

L’ignorance, opposée à la connaissance, est volontiers stigmatisée. L’ignorant est passible du bonnet d’âne, exposé à la moquerie, marginalisé. Le caractère négatif de l’ignorance vient soit d’un jugement extérieur, en relation avec un savoir de référence, soit d’une évaluation de conséquences dommageables pour l’intéressé du fait de ne pas savoir quelque chose. Mais le fait…

Invariance

Parler d’invariance dans ce monde qui change en permanence, est-ce bien raisonnable ? D’autant plus que la variance ne date pas d’hier : « Souvent femme varie » dit le proverbe (comme si l’homme ne variait pas et ne changeait pas d’idée comme de chemise…° ; le paysage que l’on regarde n’est jamais le même, de même que le mur…

Réflexion sur le vrac numérique

Le mot vrac, d’une manière générale, renvoie à deux réalités bien différentes : le bric-à-brac et le conditionnement en gros. Il en va de même pour le « vrac numérique » et il convient de distinguer les deux cas de figure.

Halte au vrac !

Le terme vrac comporte une double connotation de mélange d’objets et d’hétérogénéité de ces objets. On trouvera ainsi dans une brocante, pêle-mêle: un roman de Julien Gracq, un album sur l’Aubrac, une statue de saint Patrick, un froc, une cassette VHS de Fric-Frac, 10 grammes de crack, un rapport sur l’Afrique, un décor d’Alexandre Astruc, un disque de rock…

Pour les archivistes, un vrac d’archives (papier) est un amoncellement de boîtes et de cartons plus ou moins en bon état, contenant des registres traçant des événements ou la vie de personnes et de lieux, des factures périmées, des contrats égarés, des courriers oubliés, des brouillons abandonnés, des copies éculées, des analyses toujours pertinentes, des notes dépareillées, de la documentation inusitée, etc., tout cela dans le plus grand désordre, désordre initial (le contenu des cartons fait suite au vidage d’armoire d’un collaborateur qui a quitté le service) ou désordre ultérieur (par suite des manutentions successives).

Dans l’environnement numérique, le vrac désigne le plus souvent le fait d’avoir, amoncelé au petit bonheur la chance dans (ou à côté de) l’arborescence capricieuse d’un serveur quelconque, quelques centaines, milliers ou dizaines de milliers de fichiers numériques de toutes provenances et de toutes valeurs, de tous formats de données, nativement numériques ou issus d’un scan, faisant office de copie de travail ou de copie de substitution à l’original papier, connu de leur seul rédacteur ou partagé par plusieurs collègues. L’effet de vrac tient aussi à l’absence totale de règles de nommage, de sorte que, le plus souvent, on ne peut connaître le contenu d’un document qu’en l’ouvrant pour le parcourir (s’il n’est pas verrouillé par un mot de passe), et on n’en connaîtra la valeur que si le statut de validation et de diffusion figure dans le document, ce qui n’est pas gagné).

Ce vrac-là est invivable pour l’utilisateur, au moins pour l’utilisateur qui cherche un document qu’il n’a pas produit et qui ne peut donc s’aider de sa propre mémoire humaine. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! Certes, un algorithme ad hoc peut jouer le rôle de l’aimant dans la recherche et identifier des fichiers précieux sous une apparence anodine ; cela reste toutefois du traitement curatif quand on attendrait du préventif ; en dehors de l’attrait du vrac pour l’amateur de chasse de trésor ou pour l’animation d’un stand de e-pêche à la ligne un après-midi de kermesse, ce n’est pas très emballant. Depuis quinze ans que ces vracs numériques fleurissent, croissent et se multiplient dans les serveurs des entreprises et des administrations, il serait pas temps de prendre le problème à la racine et de contrôler la constitution de ces vracs documentaires.

Vive le vrac !

L’autre sens du mot vrac renvoie à l’absence de conditionnement de détail d’une denrée ou d’un produit. Au lieu de se présenter dans des paquets ou sachets suivant un critère de poids (100 gr, 250 gr, 1 kg) ou de volume (½ litre, 1 litre, 2 litres), les grains de café, les haricots, les châtaignes, les cerneaux de noix, le riz, les bonbons, les perles ou les boutons s’entassent dans de grandes boîtes ou dans des caisses. En revanche, le conditionnement « en vrac » exige de prendre en considération la variété du produit, sa provenance, ses caractéristiques d’utilisation, son mode de cuisson, sa conservation, son prix, etc. afin de ne pas mélanger des éléments qu’il faudrait ensuite trier pour pouvoir utiliser correctement ledit produit. On ne mélangera pas, a priori, des grains de café arabica avec des grains de café robusta ou des grains de café du Libéria, de même qu’on ne brassera pas des grains de riz rond avec du riz complet, du riz basmati et du riz sauvage !

L’avantage du conditionnement en vrac est double : pour le gestionnaire, c’est une économie de place et de matériau d’emballage ; pour le consommateur, c’est la possibilité de choisir lui-même la quantité désirée, en évitant d’acheter plus qu’il ne souhaite et sans s’embarrasser d’un packaging publicitaire qui ne l’intéresse pas, même si celui-ci est recyclable.

Peut-on transposer cela au monde de l’information ? Oui !