L’archivobésité, une question passionnante

La CGT a un mérite : faire parler des archives nationales dans la grande presse. La récente chronique de Michel Guerrin dans Le Monde commente l’accusation de « fossoyeuse des archives » lancée par la CGT à la (nouvelle) ministre de la Culture. La guéguerre entre le syndicat et les politiques (policitiens-ciennes) est récurrente et stérile. La responsabilité…

Accointance

Accointance est un vieux mot que sa forme anglaise, acquaintance, plus usitée, remet un peu au goût du jour. Il s’agit, au pluriel, de certaines relations qu’entretiennent certaines personnes, pour leur profit ou leur intérêt. L’emploi du mot, en français, souligne volontiers le caractère officieux de la relation et traduit parfois, dans la bouche du…

Ignorance

L’ignorance, opposée à la connaissance, est volontiers stigmatisée. L’ignorant est passible du bonnet d’âne, exposé à la moquerie, marginalisé. Le caractère négatif de l’ignorance vient soit d’un jugement extérieur, en relation avec un savoir de référence, soit d’une évaluation de conséquences dommageables pour l’intéressé du fait de ne pas savoir quelque chose. Mais le fait…

Invariance

Parler d’invariance dans ce monde qui change en permanence, est-ce bien raisonnable ? D’autant plus que la variance ne date pas d’hier : « Souvent femme varie » dit le proverbe (comme si l’homme ne variait pas et ne changeait pas d’idée comme de chemise…° ; le paysage que l’on regarde n’est jamais le même, de même que le mur…

Réflexion sur le vrac numérique

Le mot vrac, d’une manière générale, renvoie à deux réalités bien différentes : le bric-à-brac et le conditionnement en gros. Il en va de même pour le « vrac numérique » et il convient de distinguer les deux cas de figure.

Halte au vrac !

Le terme vrac comporte une double connotation de mélange d’objets et d’hétérogénéité de ces objets. On trouvera ainsi dans une brocante, pêle-mêle: un roman de Julien Gracq, un album sur l’Aubrac, une statue de saint Patrick, un froc, une cassette VHS de Fric-Frac, 10 grammes de crack, un rapport sur l’Afrique, un décor d’Alexandre Astruc, un disque de rock…

Pour les archivistes, un vrac d’archives (papier) est un amoncellement de boîtes et de cartons plus ou moins en bon état, contenant des registres traçant des événements ou la vie de personnes et de lieux, des factures périmées, des contrats égarés, des courriers oubliés, des brouillons abandonnés, des copies éculées, des analyses toujours pertinentes, des notes dépareillées, de la documentation inusitée, etc., tout cela dans le plus grand désordre, désordre initial (le contenu des cartons fait suite au vidage d’armoire d’un collaborateur qui a quitté le service) ou désordre ultérieur (par suite des manutentions successives).

Dans l’environnement numérique, le vrac désigne le plus souvent le fait d’avoir, amoncelé au petit bonheur la chance dans (ou à côté de) l’arborescence capricieuse d’un serveur quelconque, quelques centaines, milliers ou dizaines de milliers de fichiers numériques de toutes provenances et de toutes valeurs, de tous formats de données, nativement numériques ou issus d’un scan, faisant office de copie de travail ou de copie de substitution à l’original papier, connu de leur seul rédacteur ou partagé par plusieurs collègues. L’effet de vrac tient aussi à l’absence totale de règles de nommage, de sorte que, le plus souvent, on ne peut connaître le contenu d’un document qu’en l’ouvrant pour le parcourir (s’il n’est pas verrouillé par un mot de passe), et on n’en connaîtra la valeur que si le statut de validation et de diffusion figure dans le document, ce qui n’est pas gagné).

Ce vrac-là est invivable pour l’utilisateur, au moins pour l’utilisateur qui cherche un document qu’il n’a pas produit et qui ne peut donc s’aider de sa propre mémoire humaine. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! Certes, un algorithme ad hoc peut jouer le rôle de l’aimant dans la recherche et identifier des fichiers précieux sous une apparence anodine ; cela reste toutefois du traitement curatif quand on attendrait du préventif ; en dehors de l’attrait du vrac pour l’amateur de chasse de trésor ou pour l’animation d’un stand de e-pêche à la ligne un après-midi de kermesse, ce n’est pas très emballant. Depuis quinze ans que ces vracs numériques fleurissent, croissent et se multiplient dans les serveurs des entreprises et des administrations, il serait pas temps de prendre le problème à la racine et de contrôler la constitution de ces vracs documentaires.

Vive le vrac !

L’autre sens du mot vrac renvoie à l’absence de conditionnement de détail d’une denrée ou d’un produit. Au lieu de se présenter dans des paquets ou sachets suivant un critère de poids (100 gr, 250 gr, 1 kg) ou de volume (½ litre, 1 litre, 2 litres), les grains de café, les haricots, les châtaignes, les cerneaux de noix, le riz, les bonbons, les perles ou les boutons s’entassent dans de grandes boîtes ou dans des caisses. En revanche, le conditionnement « en vrac » exige de prendre en considération la variété du produit, sa provenance, ses caractéristiques d’utilisation, son mode de cuisson, sa conservation, son prix, etc. afin de ne pas mélanger des éléments qu’il faudrait ensuite trier pour pouvoir utiliser correctement ledit produit. On ne mélangera pas, a priori, des grains de café arabica avec des grains de café robusta ou des grains de café du Libéria, de même qu’on ne brassera pas des grains de riz rond avec du riz complet, du riz basmati et du riz sauvage !

L’avantage du conditionnement en vrac est double : pour le gestionnaire, c’est une économie de place et de matériau d’emballage ; pour le consommateur, c’est la possibilité de choisir lui-même la quantité désirée, en évitant d’acheter plus qu’il ne souhaite et sans s’embarrasser d’un packaging publicitaire qui ne l’intéresse pas, même si celui-ci est recyclable.

Peut-on transposer cela au monde de l’information ? Oui !

Réjouissance

Après la jouissance, parler de réjouissance est naturel, même si la relation entre les deux notions, au travers du préfixe « re » (sans doute le préfixe le plus attachant de la langue française) n’est pas évidente car il n’exprime là ni la répétition de la jouissance ni un retour à celle-ci.

La réjouissance est simplement le fait de se réjouir, d’éprouver de la joie. Pour ma part, je me réjouis quotidiennement.

Je me réjouis de l’usage d’Internet où je peux, tantôt en un clic, tantôt avec trois clics et un peu d’esprit critique, vérifier une information historique qu’il était naguère parfois bien long de trouver même en disposant du Quid ou de l’Encyclopédie Universalis .

Je me réjouis de ce qu’une grande majorité des gens réagissent positivement aux publicités intrusives des sites gratuits (sans quoi le système s’effondrerait) ce qui me permet, moi qui ignore largement cette publicité, d’accéder au système financés par les autres, merci à tous !

Jouissance

N’étant ni juriste ni sexologue, qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire sur le sujet ?

Sans aller chercher bien loin dans ma connaissance directe et indirecte du monde profond et secret des archives, il m’est facile d’évoquer plusieurs situations en rapport avec la question.

Le cas le plus neutre est celui de l’archiviste qui, confronté à un lot d’archives de valeur historique oublié dans un grenier ou une cave, ressent tout d’un coup la joie d’être le premier à ouvrir et lire ces documents depuis leur création ou depuis leur classement, quelques siècles ou quelques décennies plus tôt. Le temps se comprime et c’est comme si on prenait un ascenseur ultra rapide pour se retrouver auprès de personnages d’une autre époque (genre Les Visiteurs mais plus subtil). Sans aller jusqu’au frisson ressenti par l’archéologue ou l’explorateur faisant soudain face à un site splendide oublié de l’humanité – tel Burckhardt découvrant Pétra (Jordanie) en 1812, il y a une jouissance certaine de l’archiviste face à sa découverte. Ce sentiment de jouissance est le plus souvent intime, solitaire, mais il peut se manifester collectivement et se partager.

À d’autres moments, une sensation de jouissance, proche de l’ivresse du pouvoir, peut s’emparer de l’archiviste en situation de

Maintenance

Maintenance. Ce pourrait être un mot qui signifie l’art de vivre « ici et maintenant », hic et nunc. Les adeptes de la maintenance seraient ceux (et celles) qu’on appelle communément les épicuriens, ou encore, et c’est assez différent, ceux et celles qui se concentrent sur l’instant présent, pour qui ce qui s’est passé hier est déjà…

Reconnaissance

Je tiens à exprimer ma plus vive et plus entière reconnaissance aux législateurs de tous les pays démocratiques qui ont, par leur engagement politique et leur expertise, contribué à la construction d’une réglementation fiscale solide et équitable, applicable à tous les citoyens d’un pays, comme il est logique dans un système démocratique. Si je leur…

Gourance

Si tu t’imagines Fillette fillette Si tu t’imagines Xa va xa va xa Va durer toujours La saison des za La saison des za Saison des amours Ce que tu te goures Fillette fillette Ce que tu te goures Pour (ré)écouter Juliette Gréco, cliquez là. Ce poème de Raymond Queneau reprend, après Horace et Ronsard,…

Confiance II

Quelle confiance accorder à un article de presse, à un texte universitaire, à un écrit encyclopédique, voire à un billet de blog ? Plusieurs éléments entrent en ligne de compte, et d’abord l’auteur. Il ne s’agit pas d’être nécessairement d’accord avec les commentaires des faits ou les opinions exprimées mais d’ajouter foi à l’exposé des faits…

Confiance I

Avoir confiance, c’est avoir l’intime certitude qu’on ne vous trompe pas. La confiance n’est plus ce qu’elle était. Jadis cohabitaient trois catégories de gens : les naïfs qui étaient prêts à acheter un élixir de jeunesse ou des casseroles magiques au premier bonimenteur baratinant le chaland sur la place du village ; ceux qui se défiaient de…

Bienveillance

La bienveillance n’est pas le fait des animaux. Une mère poule, louve ou manchote veille sur ses petits et en général « veille bien » mais la bienveillance, en tant que vertu conduisant à un comportement généreux envers autrui, est le propre des humains. La bienveillance est le « charme » par lequel la bienfaisance opère, explique…

Ordonnance

Comme document, une ordonnance est une recommandation émanant d’une autorité, généralement un médecin ou un gouvernement, avec application immédiate. L’ordonnance énonce ce qu’il faut faire pour résorber un dysfonctionnement, remettre de l’ordre là où le désordre s’est manifesté, là où un vice enraye le bon fonctionnement du corps, humain ou social. En principe. L’ordonnance peut…

Chance

« La chance, c’est un autre mot pour dire le destin, me reprit Maxie, ses yeux brillant d’une lueur mystique. Soit on le prend en main, soit on se le prend dans le cul ». Ce sont les propos que John Le Carré prête à un de ses personnages, un mercenaire en Afrique, dans son roman…

Excroissance

La croissance, c’est bien. La décroissance, ce n’est pas mal. Mais, sans aucune hésitation, ce que je préfère, c’est l’excroissance. Excroissance en un seul mot, bien sûr, car l’ex-croissance, la croissance d’avant, ne relève plus de l’actualité ; elle a rejoint la liste des objets dépassés, comme l’ex-Yougoslavie, l’ex-KGB, l’ex-musée de l’Homme, l’ex-président, l’ex-ministre… L’excroissance concerne…