Transformation ou transition numérique ?

Quelle est l’expression la plus appropriée pour désigner ce phénomène d’une société de plus en plus connectée, avec la mémoire de tout et le droit à l’oubli : transformation numérique ou transition numérique ? Après plusieurs lectures (voir en fin d’article) et en considérant la racine des mots, je ne retiens ni l’une ni l’autre car je…

Légifrance

Le site gouvernemental www.legifrance.gouv.fr est très représentatif d’un passage réussi du monde papier au monde numérique. Le Journal officiel est une publication quotidienne qui remonte à la Révolution française. Son rôle est de diffuser auprès de tous les citoyens la loi que nul n’est censé ignorer. C’est d’ailleurs pour cette raison que la loi est…

Naissance

La naissance est une des choses les mieux partagées. Chacun en a une. Et pas seulement les individus. Tous les êtres vivants, s’ils pouvaient parler, pourraient en dire autant. Et même les choses, les idées, les organisations qui existent, toutes sont passées par la case naissance. À côté de l’être lui-même ou de la chose…

Nativité

Un vingt-six décembre, le mot s’impose. Mais « nativité » est un mot aussi délicat à manipuler que le petit bébé qui vient de naître…

Malgré le suffixe qui suggère une qualité ou un trait de caractère, le mot nativité s’est imposé comme synonyme de naissance, avec un emploi quasiment restreint à l’histoire chrétienne où il désigne le plus souvent la naissance du Christ, parfois celle de la Vierge et plus rarement celle de saint Jean-Baptiste. De là, nativité désigne couramment une représentation artistique de ces événements du Nouveau Testament.

Voilà des bornes sémantiques bien délimitées, et même bien limitées.

27-nativiteÀ côté de l’événement religieux et de l’œuvre d’art qui lui est associée, nativité s’avère le meilleur terme pour décrire une qualité native des personnes ou des choses (en anglais nativeness). Ainsi, à l’ère numérique peut-on parler de la nativité numérique des documents, par opposition numérisation des feuilles papier.

La nativité numérique, abrégée parfois en numérité a encore du mal à s’imposer car le processus de transformation du fichier numérique en page imprimée puis de la page imprimée en fichier numérique a quelque chose de concret et ludique qui séduit. Tant pis pour la rationalité.

C’est pourquoi, plutôt que d’employer le mot confusant de « dématérialisation » qui englobe à la fois la numérisation et la production numérique, plutôt que de parler de « e-administration » (la hie-administration ?), ne serait-il pas plus pédagogique de parler de nativité numérique ? L’État pourrait d’ailleurs développer une politique publique de natalité numérique des traces de l’action administrative (la 2NT2A), avec des allocations substantielles aux familles documentaires numériques nombreuses, avec des allègements fiscaux, avec des crèches bien organisées, etc.

La nativité numérique des documents a un impact sur leur archivage car, c’est une règle millénaire, on archive toujours les documents sous la forme sous laquelle ils ont été produits, ou plus précisément validés (in English, record creation). Les documents engageants électroniques natifs (les DEENs) sont donc archivés électroniquement. C’est la base. Mais il y a aussi l’exception. Par exemple, la nativité papière (paperale ? papieriste ?) peut occasionner un baptême numérique