Grégoire : un prénom de pape, mais pas que.

Tout de même, la papauté a produit tous les demi-millénaires un pape Grégoire réformateur dont l’action est encore visible au XXIe siècle. Ce n’est pas rien. Ils portent les numéros 1, 7 et 13, nombres symboliques, mais c’est certainement une coïncidence.

De Grégoire 1er dit Grégoire le Grand, pape à la fin du VIe siècle, canonisé, nous avons le chant grégorien, chant liturgique officiel de l’Église catholique romaine qui s’est propagé dans tout l’Occident quelques siècles plus tard et dont ledit pape n’est qu’un acteur parmi d’autres. Il se chante a cappella et est toujours pratiqué par bon nombre de communautés religieuses; il est aussi largement apprécié en dehors des monastères pour son invitation au calme et à la méditation dans ce monde bruyant et agressif.

 

Le pape Grégoire VII, qui vécut au XIe siècle (Hildebrand Aldobrandeschi dans le civil), a donné son nom à une réforme profonde de l’ Église pour la sortir d’une crise non moins profonde… La réforme grégorienne, initiée avant Grégoire VII, a duré près de trois siècles. Elle a notamment renforcé le rôle du pape face aux empereurs germaniques et révisé les bases de l’élection pontificale.

 

Grégoire XIII a marqué son pontificat par la réforme du calendrier qui est toujours en vigueur de nos jours. Avant, le monde occidental utilisait le calendrier julien (de Jules César) mais le décalage de quelques minutes par an de ce calendrier avec les réalités astronomiques (révolutions du Soleil et de la Lune) avait fini, au bout de quinze siècles, par rendre de plus en plus difficile le calcul de la date de Pâques. Le calendrier grégorien a « simplement » supprimé dix jours au mois d’octobre 1582 : les 4 au 15 octobre 1582 n’ont pas existé et le calcul des années bissextiles a été modifié. La réforme fut acceptée immédiatement par les États catholiques, à la fin du XVIIe siècle en Angleterre, au XVIIIe siècle en Allemagne et en 1918 en Russie…

 

Grégoire de Tours, né à Clermont-Ferrand, évêque du diocèse de Tours dans la seconde moitié du VIe siècle, est volontiers considéré comme le premier historien français avec son Histoire des Francs en dix livres dont l’original s’est perdu mais qui nous est parvenu au travers de diverses copies.

 

L’abbé Grégoire fait merveilleusement la transition avec la société laïque instaurée par la Révolution française. Député du clergé aux États généraux de 1789, il rejoint le Tiers-État et ne cesse de militer pour de nombreuses causes dont l’émancipation des Juifs français, l’abolition de l’esclavage et le développement des arts et des techniques. Il est ainsi le principal fondateur du Conservatoire national des Arts et Métiers et un des initiateurs de l’Institut de France. Ses cendres ont été transférées au Panthéon lors des fêtes du bicentenaire en 1989.

 

Pour le XXe siècle, le prénom est illustré par une femme, c’est normal, même s’il s’agit du nom de famille de son mari. Je veux parler de Menie Grégoire, animatrice d’une célèbre émission sur la radio RTL de 1967 à 1982, à partir de témoignages écrits ou oraux des auditeurs, sur des sujets de société encore relativement tabous (alcoolisme, divorce, sexualité, avortement…), à une époque où la téléréalité n’était même pas imaginable. Une collection de lettres reçues par Menie Grégoire, environ 60 000, a été déposée aux Archives départementales d’Indre-et-Loire sous la cote 66 J.

 

Et comme toujours, l’histoire finit par des chansons: on peut  rejoindre le chanteur Grégoire dans sa Rue des étoiles, grégoriennes ou pas…

 

2 Commentaires

  1. oui bonjour marie-anne en effet je me rapelle bien de menie gregoire nous
    l’ecoutions a la radio en famille sans faire de bruit ;en cette epoque c’est vrai
    qu’elle parlait de choses de la vie que des oreilles chastes n’etaient pas pres
    d’entendre bon souvenir d’enfance . amities marie-anne

    henri godet

    • Bonjour Henri, merci pour ton commentaire. Oui, les us et coutumes évoluent. Et les archives sont là pour en témoigner!. Amicalement.

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